Dans une salle de l’École Nouvelle, un petit groupe d’élèves ajuste le serrage des derniers boulons d’un bras robotisé qu’ils ont assemblé de leurs mains durant l’année scolaire. Le jour d’avant, d’autres élèves traquaient un bug dans leur premier programme écrit en Python. Aucun de ces élèves n’est en train de « faire de l’ordinateur » au sens où on l’entendait traditionnellement il y a encore dix ans. Ils apprennent à comprendre, à fabriquer, à observer et à interroger le monde numérique d’aujourd’hui, plutôt qu’à seulement le consommer.

« Je voulais te remercier pour ta gentillesse et pour tout ce que tu m’as apporté cette année. Tu m’as rendue curieuse et tu m’as enseigné ta passion. À chaque cours, je me réjouis d’apprendre de nouvelles choses. Merci encore. »
— Une élève de l’École Nouvelle.
Ces scènes, devenues hebdomadaires au fil de l’année, n’ont rien d’un passe-temps. Elles sont le fruit d’un projet lancé par l’ENSR et DEKODE à la dernière rentrée scolaire, avec l’objectif de faire de la science informatique une véritable discipline, dès le collège, avant même que le programme scolaire ne l’exige.
« L’École Nouvelle place chacun de ses élèves au cœur de sa pédagogie, il ne s’agit pas des “words, words, words” d’Hamlet, mais d’un engagement de tous et de tous les instants afin de préserver ce qui est unique en chacun ; il s’agit d’humanisme. Et l’humanisme qui est à la base des rapports avec les élèves, l’est aussi dans nos rapports entre adultes, rapports sur lesquels nous nous construisons en tant qu’École depuis 1906.
C’est ainsi qu’il y a eu une belle rencontre entre Ronald, spécialiste de numérique, de pédagogie, philosophe, et l’ENSR, qui aboutit, notamment, à la création chez nous de la filière d’informatique pour la Maturité Fédérale. »
— Nicolas Catsicas, Directeur général de l’ENSR
Prendre une longueur d’avance
L’informatique n’est plus une option. La récente réforme de la maturité gymnasiale l’a fait passer du statut de discipline obligatoire à celui de discipline fondamentale, au même rang que les mathématiques. Le mouvement est général et il ne fait que commencer.
L’histoire de l’École Nouvelle. À la fin du XIXe siècle, une révolution éducative transforme l’Europe. Elle met en avant l’épanouissement personnel et la coopération. C’est dans cet esprit que l’École Nouvelle voit le jour en 1906, sous l’impulsion des fondateurs, Monsieur et Madame Vittoz, avec l’ambition de créer une école qui valorise autant les programmes éducatifs que le développement pratique et émotionnel des élèves. Dès les débuts, les élèves participent à des activités comme le jardinage, une pratique encore ancrée dans le programme actuel. Grâce à son engagement envers des programmes éducatifs innovants et à ses valeurs, l’ENSR s’impose comme une référence parmi les écoles privées et internationales à Lausanne. Depuis plus d’un siècle, elle forme des élèves heureux et équilibrés, préparés à relever les défis du futur.
— Source : ENSR
Or l’ENSR prépare ses élèves aux diplômes de Baccalauréat International ou de Maturité Fédérale, ce dernier diplôme étant la voie qu’empruntent de nombreuses écoles privées suisses. La science informatique n’y figure pas encore comme exigence formelle (contrairement à la maturité cantonale), même si sa réforme est déjà annoncée. Ainsi, en introduisant la science informatique d’abord au collège, puis bientôt au gymnase, l’École Nouvelle anticipe une réforme qui ne la contraint pas encore.
Le contexte. En Suisse coexistent deux voies vers la maturité gymnasiale : la voie dite « cantonale » et la voie « fédérale ». En 2022, l’informatique est devenue une discipline obligatoire au gymnase pour la voie cantonale ; la réforme prochaine de la voie fédérale suivra le même chemin. Enseigner par le numérique (utiliser des outils) n’est pas enseigner au numérique (comprendre l’informatique comme une science). C’est ce second terrain que l’École Nouvelle a choisi d’investir, sans y être encore tenue par le programme officiel.
Pourquoi DEKODE
Pour concevoir et animer ces cours, l’École Nouvelle a fait appel à Ronald Beetschen, fondateur et directeur général de l’école DEKODE.
Le choix de DEKODE tenait à son antériorité sur le sujet : des milliers d’heures d’enseignement du numérique en Suisse romande, et des élèves accompagnés jusqu’aux hautes études. Surtout, son programme intègre déjà les notions que la prochaine réforme rendra incontournables.
« Je suis fan de DEKODE, qui rend le numérique enfin compréhensible, vivant, et profondément utile. C’est une initiative précieuse, portée par une vraie vision : former des esprits libres, curieux et capables de maîtriser les outils de leur époque. »
— Stéphane, parent d’élève de l’École Nouvelle
Ensemble, l’ENSR et DEKODE ont bâti un programme ambitieux, à la fois holistique, scientifique et résolument ancré dans les enjeux numériques d’aujourd’hui.
« DEKODE a été bâtie sur les valeurs mêmes qui ont édifié l’ENSR : un programme exigeant, mais qui ne se substitue jamais à l’épanouissement personnel de l’élève ni à la coopération. Mettre notre enseignement à disposition de l’ENSR était pour nous une évidence. »
— Ronald Beetschen, directeur général de DEKODE
Pour aller au-delà de l’écran
Ces ateliers ne s’arrêtent pas à l’usage d’un ordinateur. Ils invitent les élèves à voir au-delà des écrans et à comprendre les rouages invisibles du monde numérique qui les entoure.
Concrètement, sur la base du programme pédagogique de DEKODE, cela suppose de tenir trois fils à la fois : « penser et créer », « comprendre » et « se protéger ». C’est ce qui distingue une initiation rigoureuse à la science informatique de simples ateliers de programmation.
Un programme conçu comme un parcours
Penser et créer. Parce que l’on comprend mieux une machine quand on l’a programmée soi-même.
- l’initiation à la pensée computationnelle ;
- le développement d’une pensée algorithmique ;
- l’introduction à plusieurs langages de programmation (Python, C++, HTML/CSS/JS, Swift) ;
- la robotique, jusqu’à l’assemblage en classe d’un véritable bras robotisé pour les plus grands.
Comprendre les rouages invisibles. Parce que ce qui se cache derrière une application en dit souvent plus long que ce qu’elle montre.
- le fonctionnement d’internet, du web, des cookies et des données qui circulent ;
- le Wi-Fi, les réseaux, les clouds et ce qu’ils sont vraiment ;
- l’intelligence artificielle et sa démystification ;
- le big data, l’économie de la donnée et l’économie de l’attention ;
- la « fausse gratuité » des applications sur les stores.
Se protéger et agir en citoyen. Parce que comprendre, c’est aussi savoir mieux se défendre.
- la protection des données personnelles sur son téléphone ou sa tablette ;
- les hackers, les cybermenaces et les comportements qui protègent ;
- le harcèlement numérique et les stratégies pour y faire face ;
- l’addiction aux réseaux sociaux, à YouTube et aux jeux vidéo et comment s’en prémunir.
Et ce n’est qu’un début. D’autres thèmes viendront enrichir le programme au fil des années.
Ce que cette première année a montré
Au-delà des contenus, c’est l’engagement des élèves qui aura marqué cette année pilote, avec une motivation et une implication remarquables tout au long de l’année.
En chiffres, cela donne pas moins de 22 sites web créés et mis en ligne, notamment :
- un fantastique site sur l’art depuis Léonard de Vinci jusqu’à Marc Chagall ;
- un site très complet sur l’histoire de la saga de Harry Potter ;
- un site très complet de recettes de cuisine pas à pas ;
- un site web pour les amis fans de Pandas ;
- le site du fandom suisse de BLACKPINK ;
- un site web sur les métiers du numérique ;
- et bien d’autres !
Ainsi que plus de 1500 lignes de code écrites en Python, produites par les élèves durant l’année.
Plusieurs d’entre eux ne s’en sont pas tenus aux ateliers et ont souhaité reprendre leurs projets chez eux, sur leur temps libre.
On reconduit l’an prochain, et on monte d’un cran
Fort de cette première année, le partenariat entre l’ENSR et DEKODE est reconduit, avec la volonté de l’étendre au gymnase. Autrement dit, ce qui a commencé comme une initiative pionnière au collège devient un parcours cohérent, du collège à la maturité, qui place les élèves de l’ENSR bien au-delà de ce que la maturité fédérale exige aujourd’hui et les prépare déjà à ce qu’elle exigera demain.
En proposant ce programme, l’École Nouvelle ne se contente pas de préparer ses élèves aux réformes scolaires. Elle leur donne une longueur d’avance sur leur époque et le monde dans lequel ils vivront demain.
Un grand merci à tous les élèves qui ont fait vivre ces ateliers avec autant d’enthousiasme et de passion. Nous sommes impatients de vous retrouver l’année prochaine !
L’École Nouvelle et DEKODE se tiennent à votre disposition pour toute question. Pour en savoir plus sur la démarche : nous contacter.